Autonomie des séniors : la grille AGGIR vous aide à l’évaluer 

En lien direct avec la qualité de vie que l’on souhaite maintenir ou atteindre pour soi-même ou pour un proche senior, la connaissance du niveau d’autonomie permet notamment de déterminer précisément le type de services et de soins nécessaires pour maintenir une vie saine et indépendante. Mais comment définir ou calculer le niveau d’autonomie des séniors ? Un outil réglementaire est à connaître : la grille AGGIR. 

Les séniors face à la perte d’autonomie

Le paysage démographique de notre société est en constante évolution. D’ici 2050, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus devrait, selon l’Insee, atteindre 22,3 millions. Soit une augmentation de 80 % par rapport à 2005. Cette transition démographique apporte avec elle son lot de défis, et notamment le maintien de la qualité de vie et de dignité de nos seniors malgré une perte d’autonomie grandissante.  

De plus, avec l’âge, la réalisation quotidienne des tâches habituelles de manière indépendante devient de plus en plus complexe. Que cela soit en raison de problèmes de santé, de limitations physiques ou psychologiques, nombreuses sont les personnes âgées et proches aidants à se poser la question : faut-il envisager un établissement de santé spécialisé, ou bien faire appel à une aide à domicile pour un soutien supplémentaire ?  

Vieillir chez soi est un désir profondément ancré dans la psyché collective. Habitudes, liens avec son voisinage, son environnement, confort au sein d’un lieu empli de souvenirs… De plus, rester chez soi pour ses vieux jours n’est pour la plupart des seniors pas simplement une question de confort matériel, mais aussi un moyen de préserver son identité et son autonomie. Reste alors à savoir comment garantir un bon maintien de santé chez soi malgré une perte d’autonomie dans bien des cas inévitables. Dans certains cas, l’Ehpad ou la résidence senior est la seule solution. Dans d’autres, la mise en place d’une aide à domicile peut suffire. Et des aides financières existent pour alléger son coût, à l’instar de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).  

Dans tous les cas, une étape est essentielle avant d’envisager une quelconque prise en charge : définir le niveau d’autonomie.  

Définir le niveau d'autonomie de nos séniors, pourquoi faire ?

L’autonomie, c’est la faculté d’agir seule, librement, sans dépendre d’autrui. Utilisé dans le milieu professionnel, ce terme est surtout particulièrement utilisé dans le secteur médical au sujet de la tranche la plus âgée de la population. Quand on est senior, vivre en toute autonomie, c’est par exemple être capable de prendre sa douche, s’habiller, faire ses achats, se déplacer, se nourrir, nettoyer son logement, communiquer. C’est, plus largement, prendre soin de soi sans avoir besoin d’une personne tierce ; personnel médical comme proche aidant. À l’inverse, l’autonomie n’est plus totale dès lors que les tâches du quotidien et nécessaire à un bon maintien de vie ne sont plus faites correctement. Ou bien sont réalisées partiellement, voire pas du tout. Ainsi, plus l’autonomie est faible, plus la personne a besoin d’assistance dans sa vie et ses tâches du quotidien.  

Il existe donc une grande variabilité de niveaux d’autonomie. C’est pourquoi on parle de “degrés” d’autonomie. Généralement, la perte d’autonomie augmentant avec le temps, le degré d’autonomie réduit avec l’âge. Alors, pour éviter un jugement flou, subjectif, voire erroné d’un niveau d’autonomie, des systèmes d’identification des degrés d’autonomie ont été mis en place. 

Obtenir un niveau précis selon des standards connus des acteurs de la santé des séniors, à quoi ça sert ? Avant tout à déterminer précisément le type de services et de soins dont le senior a besoin pour maintenir une vie indépendante. À tel ou tel degré correspondent en effet des besoins et une prise en charge bien identifiés. En somme, cette évaluation préalable permet également d’adapter l’environnement et les éventuelles interventions à venir, favorisant ainsi une meilleure qualité de vie pour le senior.  

 

Identifier le niveau d’autonomie permet aussi d’éviter une désinstitutionalisation et de proposer des solutions plus personnalisées. On optimise ainsi le bien-être du senior. Enfin, cela permet, dans la plupart des cas, de bénéficier de certaines aides, comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) par exemple.   

 

Évaluation du degré d'autonomie avec la grille AGGIR

Il existe donc différents niveaux d’autonomie et différents moyens de l’identifier. L’un des outils réglementaires les plus répandus et adoptés pour identifier un degré d’autonomie selon un système standard est la grille d’évaluation AGGIR. Le degré de perte d’autonomie est alors déterminé par un professionnel qui effectue une ou plusieurs visites au domicile du senior. À noter qu’il peut également s’appuyer sur divers documents, comme des certificats médicaux par exemple.   

L’acronyme AGGIR signifie “Autonomie Gérontologique et Groupe Iso Ressources”. Grâce à elle, on identifie le GIR. C’est le “Groupe iso ressources”. Il en existe 6 au total, allant du plus dépendant à autonome. Ainsi, les personnes du GIR 1 sont confinées au lit, avec des fonctions mentales gravement altérées et nécessitent une “présence indispensable et continue d’intervenants”. Tandis que les personnes du GRI 6 sont déclarées autonomes pour tous les actes discriminants de la vie courante et peuvent avoir un besoin ponctuel pour les activités domestiques. Les seniors du groupe 1 à 4 pourront avoir droit à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), contrairement aux groupes 5 et 6, jugés assez autonomes. 

Les actes discriminants de la vie courante sont au nombre de 10 et concernent :  

  • La cohérence ; 
  • L’orientation ; 
  • La toilette ; 
  • L’habillage ;  
  • L’alimentation ;  
  • L’élimination (urinaire et fécale) ; 
  • Les transferts ; 
  • Les déplacements extérieurs et intérieurs ; 
  • La communication à distance.  

La grille AGGIR se compose de 17 rubriques 

On observe donc notamment comment le senior communique, se repère dans le temps, se lave, s’habille, mange, se couche et se déplace à partir de la porte d’entrée, sans moyen de transport. 

En tout, la grille AGGIR se compose de 17 rubriques cotées A, B ou C. A correspond à des actes accomplis seul spontanément, totalement, habituellement et correctement. B, à des actes accomplis seul qui ne sont pas spontanément effectués, et/ou qui sont partiellement effectués et/ou qui ne sont pas habituellement effectués et/ou qui ne sont pas correctement effectués. Enfin, C, à des actes qui ne sont pas accomplis seul. 

Ainsi, des professionnels observent comment le senior gère son budget, entretien son logement, fait ses courses, prend ses médicaments et occupe son temps libre (sport, sorties culturelles, activités sociales…).  

Il faut savoir que cette grille AGGIR fait partie d’un référentiel d’évaluation plus large. Son but étant de recueillir l’ensemble des informations nécessaires à l’élaboration du plan d’aide de la personne âgée par l’équipe médico-sociale APA. Pour faire réaliser cette évaluation, il suffit de déposer une demande d’APA auprès de son conseil départemental. Le niveau d’autonomie évoluant malheureusement avec le temps, il est possible de faire réévaluer son GIR ou celui d’un proche. Enfin, si en Ehpad, cette dernière est bien souvent automatique grâce au suivi médical continu du personnel soignant, elle peut être demandée au Conseil départemental.  

Pour conclure…

Dans le cheminement complexe du vieillissement, la préservation de l’autonomie devient la clé d’une vie saine et indépendante pour nos aînés. Face à la réalité de la perte d’autonomie, définir le niveau d’autonomie est une étape essentielle. La grille AGGIR permet d’identifier le niveau d’autonomie et d’ainsi favoriser des solutions personnalisées et bénéficier d’aides financières telles que l’APA.